Editorial -

Galaxies N° 38

Galaxies N° 38 38

À titre personnel, je n’attache pas beaucoup d’importance au genre de celle ou de celui qui écrit. Je n’ai jamais, à aucun moment, essayé de faire respecter une quelconque parité dans les pages de Galaxies. Il y a tout simplement des auteur(e)s que j’apprécie, des écrivain(e)s qui me surprennent, des textes qui me plaisent ou non. Peut-être est-ce là le résultat d’une éducation peu genrée, faite de poupées et de panoplies de cow-boys, de dinettes et d’établis de mécanicien, de leçons de tricot alternant avec l’apprentissage de la menuiserie, de la cuisine et de l’exécration des sports virils. Je ne sais…

Mais quand même, quand Lucie Chenu, il y a quelques numéros de cela, m’a fait remarquer que je venais d’aligner deux ou trois sommaires purement masculins, je n’ai pu faire autrement que me poser des questions. Et puis, j’ai élargi le point de vue, et me suis dit que, sur l’ensemble des numéros, je n’avais quand même pas trop fait oeuvre de machisme. Et j’ai continué à publier celles aussi bien que ceux qui me plaisent, me surprennent, etc.

Alors, quand Jean-Pierre Fontana m’a proposé de construire, autour d’un dossier Nathalie Henneberg, un numéro dont toutes les nouvelles seraient écrites par des femmes de plume, j’ai dressé l’oreille, y voyant là l’occasion d’un pied de nez amical à ma vieille complice et amie. Et puis, finalement, quand il a déposé devant moi les merveilleux textes de Sylvie Lainé, Jeanne-A Debats, Julie Subirana, Giuliana Acanfora et Suzanne Malaval, je me suis dit que rien ne changeait dans Galaxies : ce sont encore des textes que j’apprécie, qui me surprennent, qui me plaisent, etc. Avec peut-être une touche de plus qui serait de la féminité ? Pas du tout, avec simplement cette touche immense de sensibilité qu’on appelle le talent, tout bonnement.

Lucie trouverait sans doute que je suis d’une sacrée mauvaise foi… Et peut-être même qu’elle n’aurait pas tout à fait tort.

Pierre Gévart

2 Novembre 2015

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